Escalade de la violence dans les stades : ne cherchons pas loin, la cause de ces violences constatées est le reflet extérieur d’un mal intérieur ! ( Par Yaya Diémé)

Le chômage endémique que vit la jeunesse consciente et les scandales financiers dans la gestion des ressources de notre pays nourrissent un mal profond. Ce que les cœurs et les esprits ont pu supporter durant cette longue décennie commence à devenir insupportable : *l’absence de l’Etat*. La démission de l’Etat dans son rôle de régulation et d’équilibre commence par devenir un bouton purulent. Quand une ASC est victime d’injustice, il n’est pas certain qu’elle ait gain de cause ni en interne par le recours aux instances supérieures ni par une injonction directe au niveau des cours et tribunaux : *presque plus d’espoir à ce niveau*.

La justice est donc dans la rue. Il faut trancher puisque le mal ne peut être réparé que par un mal égal si le pansement doux d’une justice légale est absente. La rupture d’égalité des citoyens devant le droit et la justice crée le besoin d’une justice citoyenne incontrôlée. *La gestion gabégique des ressources de l’Etat* est une source d’explication de la violence monstre car on constate que ceux qui sont connectés à un réseau vivent dans l’oppulence et ceux qui se battent doivent se lier sinon patiner, errer, se noyer, s’étouffer dans ce monde rempli d’illusions vendues à la jeunesse.

Combien d’écoles de formation ? Combien de promotions sont passées ? Combien ont vu le bout du tunnel ? Combien sont à faire un boulot digne de leurs efforts ? Pendant ce temps, qui gère ? qui parle et qui fait pour eux ? *Le mal de l’interlocuteur !* Notre Etat est géré par des incompétents à tous les niveaux. Nous voyons souvent des autorités qui profèrent des injures dans les média, qui montrent chaque jour aux Sénégalais que leurs intérêts crypto-personnels passent avant l’intérêt général, qui montrent que l’Etat ne signifie rien et que leur mentor est plus important que les concepts, les valeurs, les règles et les institutions qui nous gouvernent. Ce qui est fort méprisable, c’est de voir la manière dont sont traités les travailleurs ou les étudiants qui passent par des voies légales de revendications de leurs droits les plus élémentaires.

Le contrat de confiance est rompu. Le contrat du respect est aussi rompu car, de nos jours, l’habit d’une autorité étatique peut être porté par n’importe quel badaud. Mais un batteur de tam-tam ne peut pas présider une prière d’un groupe de danseurs. Vous avez beau construire des stades, si vous ne mettez pas les conditions sociétales qui permettent à la jeunesse sénégalaise de faire face aux défis constants de trouver de l’emploi, vous aurez ce rejet incompris de violence d’une rare témérité. La violence est condamnable mais vous êtes plus violents que cette jeunesse qui ne demande qu’à être respectée et exige son droit de se déterminer.

Pensez-vous qu’avec vos discours de va-t-en de guerre vous aurez une jeunesse docile ? Vos discours musclés créent des acteurs car dans le subconscient de tous, on sait qu’un bandit fera face à un acteur. Le seul coupable est l’État. Vous décidez de qui doit exploiter nos matières premières mais vous ne décidez jamais de la part qui doit être octroyée à la jeunesse et aux générations futures. Votre violence est là. Le mal est profond. Le bouton purulent dégage une odeur nauséabonde.*

Yaya DIEME, PCF du CRJ de Ziguinchor.*

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