TOUBACOUTA : UNE FEMME ET SA FILLE ENCEINTÉES PAR UN MILITAIRE

Alors que le mari est en prison, une femme et sa fille ont été enceintées par un militaire à Toubacouta


C’est un grave outrage aux mœurs qui a été commis à Toubacouta, dans l’arrondissement de Niassya, département de Ziguinchor. Alors que le mari est absent depuis bientôt quatre ans maintenant, emprisonné dans le cadre de l’affaire Boffa Bayotte, une femme a donné naissance à un enfant de sexe masculin. Trois mois plus tard c’est l’une des filles de cette même dame qui vient d’accoucher d’un autre garçon. Et la mère comme sa fille ont été engrossées par un même homme qui se trouve être un soldat de l’armée sénégalaise détaché à Toubacouta pour veiller sur les populations.

Il n’y a pas de mot assez fort pour qualifier la douleur et l’indignation de Ibou Sané, Nafoute, ce notable de Toubacouta emprisonné depuis le 13 janvier 2018 dans le cadre de la tuerie perpétrée le 6 janvier de la même année sur des bucherons dans la forêt classée de Bayotte Est. Alors que l’homme s’apprête, avec ses compagnons d’infortune, à entamer la quatrième année d’une détention que leur avocat, Me Clédor Cire Ly, n’a de cesse de dénoncer et de qualifier d’arbitraire pouvant avoir des conséquences irréversibles, voilà qu’une ultime humiliation vient de s’abattre sur la tête de l’homme qui a été utilisé pour monter une partie de ce scabreux dossier Boffa Bayotte. A en croire des sources villageoises, l’épouse de Nafoute a donné naissance à un petit garçon, il y a de cela 3 mois. « Nous avons fait une délégation des femmes de Toubacouta pour aller l’informer. Mais, il était tellement choqué qu’il ne nous a répondus », a fait savoir a Kéwoulo l’une des doyennes du village parties discuter avec le mari cocu. Après les femmes, ça a été le tour des hommes d’aller voir Ibou Sané Nafoute pour évoquer le sujet avec lui.

«Le problème est que, même si Nafoute n’est pas le géniteur de ce bébé, il reste que l’enfant est né d’une femme qui se trouve être dans les liens du mariage avec lui. C’est tout à fait normal que nous soyons allés lui perler et recevoir ses directives. Et il nous a clairement dit qu’il ne reconnaissait pas la paternité de cet enfant issu de l’adultère de son épouse. » A fait savoir une autre source villageoise. De sa prison de Ziguinchor, Ibou Sané Nafoute est entré en contact avec Kéwoulo «pour solliciter des conseils avisés de (cette) rédaction qui se bat seule à faire entendre la voix de Toubacouta. Je ne sais pas quoi faire, j’ai besoin de votre aide. Je suis dévasté par cette histoire», a-t-il fait savoir à Kéwoulo. Comme lui, ce sont tous les détenus de la Mac de Ziguinchor qui sont révoltés par cette «insulte.» Et, à défaut de ne pouvoir faire quelque chose pour laver l’affront, puisqu’en détention, ils se sentis impuissants. Humiliés. Outragés.

Parce que, alors que la colère de la grossesse de l’épouse, enceintée par un militaire en service à Toubacouta, ne s’est pas encore calmée, dans ce même village sevré de ses hommes les plus valides, on a appris que l’une des filles du même Ibou Sané Nafoute est tombée enceinte. Pour ne pas aggraver la honte qu’a vécue sa mère qui s’est restée plusieurs mois à l’intérieur de sa maison sans mettre le nez dehors, elle a préféré fuir le village. Et aller se réfugier loin, très loin, dans une autre partie de la Casamance. Là où peu de gens connaissent l’existence même de Toubacouta. Et le drame qui a frappé les siens. C’est pendant qu’elle se trouve à plusieurs dizaines de kilomètres de Toubacouta que la fille a fait connaitre à son oncle, le frère de son père, le nom de l’auteur de sa grossesse.

Et, Moussibanaroullah, l’homme n’est autre que le fameux soldat qui a mis enceinte la femme de Nafoute. «Nous l’avons interpellés et il a, une fois encore, reconnu être l’auteur de cette autre grossesse. Nous ne savons plus sur quel pied nous tenir. Nous n’avons jamais entendu parler de ce genre d’histoire. Et personne n’avait jamais entendu nos ancêtres raconter pareil déshonneur. » A fait savoir un des notables du village de Toubacouta et proche de l’homme emprisonné dans le cadre du dossier de Boffa. Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, le soldat en mission à Toubacouta a accepté de déclarer la naissance de tous ces deux enfants. « C’est au chef du village qu’il avait remis les documents pour aller faire les démarches de reconnaissance de paternité de l’enfant qu’il a eu avec l’épouse de mon grand-frère. Mais, pour ma nièce je ne sais pas comment cela s’est fait.» A reconnu un notable, la mort dans l’âme.

Si tout le monde croit savoir que c’est dans le domicile conjugal que le militaire a entretenu des relations adultérines, à Toubacouta on pense que «c’est à Ziguinchor que le militaire et la fille de Nafoute se donnaient rendez-vous.» Consciente de la précarité que vit sa famille, la fille âgée de 19 ans avait décidé de s’engager dans l’armée. C’est dans ce cadre-là qu’elle s’en était ouvert au soldat basé dans son village. Mais, ce dernier plus préoccupé par ses instincts primaires a fini par en faire son objet sexuel, en lui offrant de temps en temps des choses que la situation de pauvreté, dans laquelle la famille est plongée depuis le départ du chef, ne lui permet pas d’avoir. Aujourd’hui, comme Ibou Sané Nafoute, c’est tout le village de Toubacouta qui se sent, aujourd’hui, déshonoré par cet affront que personne ne veut laisser prospérer même si, pour le moment, tout le monde a décidé de confier à Dieu le soin de juger ce scandale inédit dans les annales.

Avec Kewoulo

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