FINALE COUPE DU SÉNÉGAL : RETOUR SUR LE COACH ANSOU ET LE MATCH. ( PAR CHÉRIF SADIO)

La façon dont Ansou Diadhiou a tactiquement dominé Bruno Rohart est impressionnante. Un travail technique bien préparé à l’avance avec des scénarios anticipés qui ont payé hier.

Pour les amateurs du football dominant, ils me diront que Diambars a été impressionnante : ce qui est vrai mais pas plus que le Casa Sports qui a de la huitième à la dernière minute, su contenir l’adversaire et déjoué tous les systèmes réajustés pour remettre les pendules à l’heure.

👉🏿 RETOUR SUR LE COACH ANSOU ET LE MATCH

Ansou est un excellent entraîneur, mais victime du syndrome du « fils de la région » (nul n’est prophète chez soi) et du passé glorieuse du Casa Sports. Pourquoi ? Le Casa Sports est un club habitué à jouer des finales mais qui, a un moment donné, s’est désabonné de ce cercle fermé des formations jouant les grands rôles.

Ansou Diadhiou est désormais vainqueur de la Coupe du Sénégal en toutes catégories confondues (U17, U20 et Pro). Une consécration qui ne peut être une chance si ce n’est du travail d’un entraîneur qui n’est pas jugé à sa juste valeur, à cause des circonstances rencontrées.

Ceux qui ne le connaissent pas, peuvent douter de sa capacité à transformer une équipe pour en faire une machine, mais nous avons grandi à Ziguinchor et joué contre les équipes qu’il a entraîné, le connaissons parce que peu d’équipes jouaient comme ASCABS qu’il dirigeait tout comme Zig Inter. Et, on a vu les U20 du Casa Sports comme une vraie machine avec deux coupes du Sénégal enchaînées.

Hier, si vous êtes attentifs, vous comprendrez qu’il s’est inspiré de ce que nous appelons le « contre-pressing », une forme de pressing qui consiste à presser l’adversaire juste après avoir perdu le ballon.

Il s’agit d’un football que beaucoup de grands entraîneurs adoptent de nos jours dans le très haut niveau. Cela peut paraître bizarre qu’un entraîneur le fasse au Sénégal, puisque le complexe est sans nom chez nous.

Le football a des paramètres qu’il faut respecter pour y exister et y gagner quelques choses. Quand un club joue ce système, il peut paraître fébrile mais très costaud en réalité parce qu’il nécessite une très bonne discipline tactique.

👍🏿 FERMER LES CÔTÉS
J’aimerais juste vous faire comprendre que Ansou est un entraîneur qui a de l’écoute et c’est quelqu’un de très bien branché sur les études tactiques. Ce que je dis ne peux être compris par ceux qui le connaissent de loin ou qui ne l’aiment pas pour d’autres raisons que j’ignore (mais là n’est pas le débat).

Il a bien étudié le jeu de l’adversaire (Diambars) et a procédé par un système qui est à l’opposé de celui qu’il rencontre. Avant la rencontre, il a travaillé avec ses joueurs sur comment faire un marquage de zone en s’inspirant du basket-ball où chaque joueur s’occupe d’un « territoire » bien ciblé, et où il ne se déplace que quand un adversaire y entre (ce, quand l’adversaire attaque).

Ce, pour opter pour la fermeture des côtés parce qu’il savait que Diambars était explosive par ses ailiers et le jeu de possession est une marque de fabrique des académies qui oublient parfois que la finalité du football reste la victoire.

Il a donc fermé les côtés et laissé Diambars procéder par un jeu intérieur, sachant que le Casa Sports était bien en place dans le cœur du jeu avec deux milieux récupérateurs capables d’aspirer leurs vis-à-vis pour balancer très vite le ballon sur un numéro neuf (Mouctar Ndiaye) puissant, athlétique, physique et capable de garder la balle pour permettre à son équipe de gagner quelques pas.

Il a maintenu Assane Ka, droitier de prédilection à gauche, parce que les excentrés allaient forcément revenir sur leurs pieds forts et cela permet à AtouBoy d’être dans son pied d’appui. Et ce dernier a été impérial hier, Son Excellence Assane Ka.

A aucun moment, le Casa Sports n’a eu peur de Diambars avant la finale. C’est un adversaire que nous avons déjà battu lors d’une finale (2012) et contre qui nous avons fait deux matchs nuls dont un soldé par un score de un but partout (1-1) où les Diambars avaient même égalisé dans les dernières minutes, à Fodé Wade Stadium. Donc, il n’y avait pas de quoi avoir peur pour un entraîneur qui n’a jamais également perdu une finale.

👍🏿 DISCIPLINE TACTIQUE
Ansou a très tôt compris que la discipline tactique est la base pour gagner une finale. C’est le ciment même d’une victoire, face à une académie réputée comme étant une formation qui pratique le football dominant. De ce fait, il fallait que le Casa Sports vienne avec le football dominé mais avec plus de pragmatisme.

Les joueurs se devaient de rester concentrés et ne pas calculer le public ni la forte affluence. Sur ce, le mot d’ordre était défendre par bloc, puis d’attaquer par contre, pas e construisant dans la durée comme Diambars qui, parfois, était au milieu mais retourne la balle jusqu’au gardien de but.

Comme je le disais plus haut, il fallait juste s’occuper du ballon, faire des marquages debout, avoir une réaction rapide après la perte du ballon, au cas échéant : réduire la surface de tir de l’adversaire et ne pas laisser traîner des ballons dans la zone de vérité nôtre.

Là, l’objectif majeur se trouve donc dans le fait d’empêcher la contre-attaque de Diambars dans un premier temps, mais de récupérer le contrôle du ballon dans un second temps sans monopoliser (faire des contres rapides).

👍🏿 COMPORTEMENT SANS BALLON
Quand vous regardez la finale et le comportement des joueurs du Casa Sports sans ballon, vous pouvez comprendre que cette équipe n’était pas venue pour perdre.

Nous avons travaillé sur l’occupation des espaces et l’utilisation des périmètres laissés par l’adversaire avec plus d’accélération. Nous avons aussi bossé sur l’importance de la vitesse d’exécution, surtout sur la réaction après la perte du ballon.

👉🏿 RÉACTION APRÈS LA PERTE DU BALLON
La première des choses que la direction technique a fait comprendre aux joueurs est la discipline tactique, par la réaction après la perte du ballon.

Le football est un domaine dont le langage est très militaire, et où il faut attendre tous les discours de soldats (attaque, contre attaques, assauts, couvertures, etc). Il fallait donc travaillé sur la concentration, ne pas trop suivre l’ambiance des gradins puis que nous savions que nous allons danser après, donc, pas la peine de se précipiter, il fallait remplir la mission d’abord.

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