Pourquoi la Fédération Sénégalaise de Football mérite d’être suspendue par la FIFA ? ( Par Chérif Sadio)

La sortie médiatique du Ministre de l’Urbanisme qui se trouve être vice-président de l’équipe sortante à la Fédération Sénégalaise de Football, Mr Ablaye Sow selon qui « on ne peut pas les comparer (Augustin Senghor et Mady Touré). Mady a le droit d’aller se battre mais un homme comme ça sans expérience ni vécu, lui confier notre fédération, c’est reprendre ce que nous avons fait depuis plus de 12 ans… », disait-il lors de sa dernière sortie rapportée par la presse nationale à travers différents médias, faisant référence au candidat d’en face qu’il a nommément cité.

Ce monsieur, Sow, semble oublier que la majorité des présidents de clubs visiblement favorables à la candidature de Me Senghor jouent presque le maintien et d’autres sont relégués pendant que son équipe, Kaffrine, peine à quitter le niveau amateur, mais il tient des arguments aussi caduques sur la candidature de Mady Touré, par ailleurs un candidat qui n’est pas à sa première pour la présidence de la Fédération, Président et fondateur de Génération Foot de surcroît, un des clubs le mieux organisé du pays.

Ce qui sera aussi malheureux dans cette élection de la Fédération Sénégalaise de Football, c’est de voir des clubs (amateurs à majorité) qui existent juridiquement, mais qui ne « compétissent » plus depuis des années et qui vont sans aucun doute disposer du droit de vote. Et, il faut savoir que la majorité des clubs votants vient de la Ligue amateur, dirigée par ce même Ablaye Sow. Et il tente par tous les moyens, d’avoir une influence sur le choix de sa ligue à travers ses sorties médiatiquement dénudées d’arguments. Déjà, sa position de ministre va à l’encontre des principes éthiques de la FIFA qui se montre passive depuis le début, alors qu’elle a récemment suspendu les fédérations du Pakistan et du Tchad, pour « ingérence gouvernementale » pour la première citée (A lire ✍️ fifa.com/fr/about-fifa/…).

L’implication des ministres, du CNOSS et des autres candidats qui ont fait volte-face pour ce consensus, soi-disant qu’il faut juxtaposer les programmes, devait se faire via des assises du football sénégalais (avant), mais pas pour une élection dont les candidatures sont déjà déclarées. Ici, celui qui n’est pas prêt à aller conquérir, seul avec son équipe, la voix des votants, n’a qu’à ranger ses bagages et à céder sa place, mais pas d’appeler à un consensus qui n’a ni queue ni tête.

Me Senghor est un homme honnête en ce que je sache, il a juridiquement le droit de se présenter et je n’ai rien contre sa personne, mais il se trouve que c’est l’heure pour lui, de quitter la tête de la Fédération et de céder la place à un autre, après y avoir passé une dizaine d’années. Me Senghor n’a pas un programme pouvant mener ce football de là où il est actuellement à un autre niveau, sinon, il n’allait pas aller vers ce consensus dont il tente de refuser la paternité, soi-disant qu’il vient de bonnes volontés qui ont appelé à la réunification des différents programmes. Si la commission d’éthique de la FIFA s’était montrée assez responsable, les élections présidentielles de la Fédération et de la Ligue de Football Professionnel (Sénégal) allaient être annulées avec la première instance suspendue pour « ingérences ministérielles ».

Bref, Gianni Infantino était à Dakar récemment et a comme collègue à la FIFA, un ex-candidat à la CAF à qui son instance a demandé de se retirer au profit de Patrice Motsepe qui avait dit qu’il était à son dernier mandat à la FSF et qui essaie de briguer une autre candidature. Sinon, j’ai un conseil à donner à tous ces gens qui râlent depuis l’annonce des candidatures : Pour changer le visage de notre football, engageons-nous dans nos équipes pour être parmi les décideurs de demain avec des projets de développement misés sur une politique d’anticipation, adaptée aux réalités modernes.

Il y a parmi vous des jeunes qui ont fait des études en droit, d’autres en gestion, en management, en communication, … Ce sont des domaines qui font partie des paramètres de fonctionnement des équipes. Allons-y les faire exister dans nos clubs en se responsabilisant pour prendre le relais, demain, au grand bonheur de notre football. Sinon, notre place ne sera que sur les réseaux sociaux.

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