VIOLENCES VERBALES ET PHYSIQUES : CES DERIVES QUI RISQUENT DE DETRUIRE NOTRE NATION

L’espace politique est très pollué, le débat politique au rabais. Les
invectives, calomnies, diatribes péremptoires, et autres propos
haineux ont malheureusement pris le dessus sur un débat démocratique
empreint de contradictions utiles dans une démocratie dynamique,
diverse et plurielle.

Du coté du pouvoir comme de l’opposition, des journalistes aux activistes , il ne se passe pas un seul jour où l’on enregistre pas des  propos de nature à remettre en cause la stabilité de notre pays et notre commun vouloir de vie commune, caractéristique
principale de notre nation.

Nous sommes différents des pays qui ont
vécu des guerres civiles et fratricides, a-t-on l’habitude de dire, c’est juste et vrai sans doute, mais de plus en plus, malheureusement, notre opinion est entrain d’être très négativement influencée par les
germes de la terreur et de la violence verbale et physique qui se manifestent chez certains sénégalais.

Pire, des discours frisant
l’ethnicisme et le sectarisme sont devenus très fréquents dans l’espace politico-médiatique. Les malheureux événements vécus ces derniers jours en sont une parfaite illustration.

J’avais bon espoir suite au discours à la Nation  du Président Macky SALL, qui a  lancé un vibrant appel au calme, à la sérénité et à l’apaisement avec des
propos assez révélateurs en disant: « Nous sommes une nation de sang mêlé, une nation faites de tous ces brassages qui nous ressemblent, de toutes ces religions qui cohabitent en paix, de tous ces regards qui
se croisent et fraternisent, de toutes ces forces qui se conjuguent et s’harmonisent pour soutenir notre élan commun vers un destin commun. »

Hélas, cet appel à la concorde bien entendu par les sénégalais n’a pas
empêché l’annonce malheureuse d’une soi-disant  « seconde vague plus
meurtrière » en ce moment où les familles innocentes endeuillées n’ont
pas fini de pleurer la perte tragique et brutale de leurs enfants,
partis à jamais. Je m’incline devant la mémoire des disparus et prie
pour le repos éternel de leurs âmes. Ces genres de propos comme ceux
tenus quelque part lors d’un meeting par un responsable politique de
la mouvance présidentielle constituent de graves dérives verbales qui
sapent les efforts de nos régulateurs sociaux et plongent notre pays
dans une atmosphère bouillante et délétère. Je condamne tous ces
propos inappropriés en même temps que je me désole profondément de
ceux tenus par Monsieur Madiambal Diagne dans sa chronique de ce lundi
22 mars 2021 intitulé : Le prix de l’honneur « d’un fils de la
Casamance ».

J’ai lu plusieurs fois cet article pour éviter de tomber dans une
réaction faite d’émotion et de passion. Le journaliste déclare sans
sourciller : «  Il reste curieux que les personnalités politiques
«diola» les plus en vue dans le camp présidentiel sont encore aux
abonnés absents dans le débat public sur cette affaire. La question
serait encore plus inquiétante si cette attitude n’était que le fait
de personnes d’ethnie «diola». »

Monsieur, votre affirmation est totalement fausse, à moins que vous me
considérez comme n’appartenant pas à cette ethnie.

En effet, dès les premiers instants de la survenue de l’affaire
Ousmane SONKO-Adji SARR marqués par les premières scènes de violences
à Bignona, à l’émission « Remue Ménage » de RFM du 14 février  animée
par Madame Binta DIALLO, j’ai réfuté ouvertement et fermement la thèse
du complot pour des raisons politiques, en réponse à sa question sur
cette affaire, dénoncé de même les actes de violences non sans
rappeler que c’était une affaire très sérieuse, de surcroit pendante
devant la justice et que dès lors nous devons laisser les Hommes de
droit dire le droit. Voilà de façon succincte l’essentiel de mes
propos tenus sur cette affaire, du reste bien appréciés par les
auditeurs et responsables politiques de tous bords en ce début
d’éclatement de cette affaire de présumé viol sur Adji SARR qui exige
des responsables que nous sommes de la retenue et de la réserve. Vos
propos stigmatisants sur l’ethnie « diola » doivent être condamnés et
sont très regrettables dans ce contexte où la plus haute Autorité du
pays, le Président de la République, invite ses compatriotes à la
paix, à la tolérance et à l’apaisement, un discours très bien
accueilli par les sénégalais.

Enfin, à mes chers camarades, je voudrais rappeler que notre posture
nous commande une conduite responsable et exemplaire en nous mettant
au travail, en évitant les débats et polémiques stériles, en
redoublant d’efforts pour continuer d’apporter des réponses aux
préoccupations légitimes des populations, à une occupation permanente
du terrain politique. Ainsi, nous rendrons un grand service à la
République et à son Président son Excellence Macky SALL, brillamment
réélu il y a seulement deux ans.

Ernest Abou SAMBOU

Coord  APR et BBY Commune de Bignona

Mandataire départemental BBY

Secrétaire général de l’ANRAC

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