Entre démon-cratie et poli-tricherie, Macky Sall aux manettes ( Par Chérif Sadio)

L’installation d’un régime dictatorial dépend souvent du comportement passif de la masse critique de la population. Si elle se contente de la dénonciation virtuelle sans aller dans la contestation sur le terrain, les tenants du pouvoir se croiront toujours en terrain conquis.

Le Président de la République peut faire du n’importe quoi, à n’importe qui, à n’importe quel moment et n’importe comment parce que la constitution lui offre tous les pouvoirs. Pour un Sénégal développé, il va falloir repenser les textes pour contrôler tout Président élu parce que le pouvoir et l’argent ne doivent pas être aux mains de n’importe qui. Il y en a qui, une fois qu’ils en disposent, en font du n’importe quoi comme c’est le cas de Macky Sall.

Ce régime persécute in/directement toute personne qui s’oppose à lui. Peu à peu, il installe tranquillement ses bases pour réduire au silence toute voix contradictoire. Vous arrive-t-il d’entendre la société civile des pays dont le débat est régulièrement centré sur l’économie par exemple ?

Toute nation où les membres de sa société civile sont régulièrement en vogue dans les médias n’est en réalité, pas très avancée en matière de démocratie. La nôtre est cagoulée depuis la soi-disant indépendance, où Leopold Sédar Senghor par sa machination, nous a désorienté de la vraie révolution en créant de toute pièce cette fameuse accusation de coup d’Etat de Mamadou Dia, d’où le déraillement vers la musique que nous continuons de danser encore sous ce machin de Président que nous avons actuellement au palais.

Entendre le mot société civile prouve suffisamment que notre démocratie est cagoulée et se limite (peut être) au fait que le Président sortant accepte toujours sa défaite, surtout quand il n’a plus aucune solution. Sinon, le droit de s’opposer a toujours été piétiné au Sénégal.

Et, ce n’est pas que la justice n’existe pas au Sénégal, mais le rapport de confiance entre le citoyen sénégalais et la justice est déficitaire et défaillant à la fois. Et, des exemples sur des procès torpillés par l’exécutif conditionnant le législatif et le judiciaire sont pléthoriques, d’où le doute de certains comme moi. Et, croire à l’indépendance de la justice sénégalaise est égale à croire à la virginité d’une prostituée de 30 ans d’expérience sur parole.

Vous autres, soi-disant sénégalais neutres, vous dites être apolitiques, mais vous participez et commentez directement ou indirectement tout ce qui touche à la gestion des affaires de la cité n’est-ce pas ? « Oui, je ne commenterai pas l’affaire Sonko – Adji Sarr… » Mais en vérité, chez vous, avant d’aller au lit, vous vous en discutez avec vos proches et donnez vos avis mais pas en public où vous faîtes le profil bas sous prétexte d’une neutralité inexistante.

Permettez-moi, chers sénégalais neutres, d’inviter Desmond Tutu qui nous apprenait que : « Si tu es neutre en situation d’injustice, c’est que tu as choisi le camp de l’oppresseur ». Et, selon Martin Luther King : « A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. »

Faut-il être complètement débile pour ignorer que faire de la politique ne se limite pas à militer uniquement dans un parti ? Croire que l’injustice que subit un groupe de gens ne se limite que sur leur périmètre, revient à bien cautionner toutes les forfaitures commises par les bandits de l’exécutif, du judiciaire et du législatif.

Tout le monde aime les hommes de tenues, mais force est de reconnaître que certains de leurs supérieurs sont devenus insupportables comme ce furent les cas dans le passé, d’où le déficit de confiance dans les rapports entre le citoyen sénégalais et la police.

L’usage de violence doit normalement être la dernière option d’un policier, mais du citoyen lambda également. Et, malheureusement, ce qui est passe actuellement dans ce pays nous mène tout droit vers une confrontation inévitable.

Et, parfois, on mesure l’hypocrisie d’un peuple à partir du moment où, quand il y a problème, les plus fainéants demandent où est la société civile comme si cette dernière avait un mandat. Et, pire, ses membres se retrouvent souvent seuls à chaque fois que les choses deviennent compliquées. Les Guy Marius Sagna et autres auront toujours mon respect et mon affection fraternelle de près ou de loin.

Pour ce qui est de la démocratie dans ce pays, je me répète encore une fois, elle ne se limite à peu près à la passation de pouvoir après les élections où le Président sortant accepte sa défaite quand il n’a plus de solution bien évidemment.

Quant à cette fichue Assemblée Nationale, son existence prouve factuellement l’absence du peuple sénégalais dont les députés usurpent la souveraineté sous un mandat bien évidemment offert par les électeurs que nous sommes parce que nous croyons faussement à la définition de la démocratie qui nous ment dans sa thèse selon laquelle nous sommes les détenteurs du pouvoir. Un vrai délire institutionalisé partout, et depuis plusieurs décennies.

Certains députés « prétextement » légalisés comme représentants des populations exclues de l’exercice du pouvoir et dont ils usurpent la souveraineté populaire, sont devenus des violeurs légaux du développement du pays, grâce à ce pouvoir entre leurs mains.

Et, malheureusement, en politique (Afrique), il faut être prêt à faire face à ces pouvoirs : monétaire, médiatique, judiciaire, législatif, exécutif et mystique. Le premier pour acheter ta dignité, le second pour pisser sur ta crédibilité à travers la plume de ceux qu’on appelle les mercenaires de la plume, les trois suivants pour la prison via la machination des du procureur et des juges et avocats du pouvoir et le dernier pour ta tombe via les charlatans et marabouts.

Source : Page Facebook

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