ENTITÉS TERRITORIALES AUTONOMES DE LA CASAMANCE ET TRAITÉS DE PAIX EN BASSE ET HAUTE CASAMANCE

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao. On oublie souvent la longue marche de notre pays pour construire un Etat fédérateur de toutes les diversités. Prenons l’exemple de la Casamance qui était composée d’entités territoriales autonomes avant l’arrivée des portugais qui l’ont quittée le 13 avril 1888 et des français partis en 1960. Dans ces circonstances, les français étaient obligés de signer des traités de paix, d’amitié, de protectorat…avec ces entités territoriales autonomes. On peut citer ces traités sur toute l’étendue de la Casamance qui fut unifiée par la Convention Franco-Portugaise de Paris du mai 1886 et par la prise de Ziguinchor le 22 avril 1888. Une Casamance qui s’étend de l’Atlantique à la Falémé. Traités qui vont de Brin à Bonna. Bien sûr qu’il existe des controverses (Atlantique- Falémé) liées plus globalement à la volatilité des espaces et aux identités qui se sont greffées sur ces territorialités. Le territoire, un concept complexe qui allie des enjeux stratégiques, politiques, identitaire…avec ses noeuds à démêler. Le 29 mars 1828 marque la signature d’un traité avec Brin et Hitou. Le 30 mars 1828 avec Djibonker. Le 24 mars 1837 c’est au tour de Sedhiou le 24 mars de la même année. Le 1er avril toujours de la même année, Djembering. Le 25 mars 1849 ce fut le tour de Ndura Camara. Kagnout suivra le 25 mars 1851 et le 27 juin de l’année suivante, Cabrousse. Elinkine qui était un comptoir anglais suivra plus tard le 1er novembre 1857. En 1860 plusieurs villages signeront des traités le 6 avril avec Mlomp Kassa, le 5 mai avec Thionk, le 19 mai Cadjinollle, le 13 juin avec Koulaye. Les 17 juin, 19 juin et et 22 juillet respectivement avec les Karones, Bliss et le Bandial. Tendouck le 10 octobre de la même année. Ces histoires sectorielles méritent d’être connues pour mieux comprendre les dynamiques en cours en Casamance et le difficile chemin pour arriver à un Etat solide respectueux des diversifiés et des trajectoires historiques de ces entités d’avant constitution de L’État post colonial sénégalais.Plusieurs furent signés entre la France et différents chefs ou rois. On peut noter celui de Hamdallay entre le Lieutenant Lenoir et le Roi du Fouladou Moussa Molo Baldé le 3 novembre 1883. Ce sera le tour du capitaine français Forichon de signer avec le conquérant diakhanké Fodé Kaba Doumbouya un traité de protectorat le 26 mars 1891 à Medina. Fodé Kaba va récidiver en signant un traité complémentaire avec le Gouverneur Henri De Lamotte le 7 mai 1893 traité par lequel Fodé confia la province du Fogny à l’est de l’actuel département de Bignona aux français. Voilà le contexte dans lequel furent créés les postes administratifs et militaires de Bignona et celui de Jebali (Bajonkoto) vers le Diouloulou en février 1894. En mars de cette même année, le marabout conquérant Fodé Sylla connu sous les noms aussi de Ibrahima Sylla Touré ou Kombo Sylla fut intercepté à Brunkunie actuel Albadar en allant vers Kafountine dans sa progression pour islamiser le Fogny… On verra progressivement comment les français venus pour installer dans la paix et l’amitié leurs comptoirs en Casamance finissent par chasser définitivement les portugais qui la quittèrent le 13 avril 1888 et par installer plusieurs postes militaires pour progressivement l’unifier. Photo : Matar Ndour . Les majestueux fromagers de Mlomp, Kassa, Basse Casamance NKEN

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *