LES ÎLES KARONES EN BASSE CASAMANCE : MAJESTUEUX

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao , AnthropologueMatar Ndour , Ethno-photographe

Dans les Karones, très peu connues de nos compatriotes. A l’image des autres iles qui ceinturent la Basse Casamance. Pourtant de l’historique ile de Carabane aux Iles Karones en passant par les Emay, Youtou, Efock, etc. la Basse Casamance nous offre une bio-diversité dense et exceptionnelle. Des quinzaines de villages qui composent la commune de Kafountine, seuls 5 sont sur le continental : Kafountine, Abéné, Jannah, Albadar, Colomba. Le reste étant constitué des iles. On y parle le diola karoninké, une des langues diola les plus « hermétiques ». Le Karoninké est plus proche du diola Mlomp avec une proximité lexicale de 64%. Avec les autres diolas notamment du fogny, blouf, etc., les taux de proximités lexicales sont très bas.

Le Diola Karone ou Karoninké, Kouloonaay, Kulonay est parlé par 9600 locuteurs dans le Diouloulou, le Kafountine, les Iles Karones. C’est une langue qui est classée à l’image de plusieurs langues nationales dans la grande division des langues Nigéro-congolaises, de la subdivision des langues BAK. Les Karones, avec leurs marées basses et hautes à partir du village de Kassel, débarcadère pour rallier les villages de Hillol, Kaîlo, Kouba. Les Karones avec aussi ses sites fabuleux entre la réserve ornithologique de Kassel, le ponton traditionnel de Boone, l’embouchure de Saloulou.

Karones aussi avec ses huitres visibles sur les bolongs généreux et qui y poussent naturellement. On devrait plus y cultiver ses ressources lignifiées. Malheureusement se pose en Basse Casamance et partout dans le reste du pays, une extraversion agricole très inquiétante. Vous ne pouvez pas avoir ces ressources en huitres et « perdre autant de temps » à privilégier la maraichage. Refuser de cultiver des palmiers qui poussent tout naturellement dans ces zones car étant dans leur biotope d’origine et refuser de les cultiver. Pourtant nous avons la technique de leur usage, nous savons faire du vin de palme utilisé dans toute la Basse Casamance, des constructions, de l’huile de palme avec ces ressources.

Autant dire ce qui constitue le fondement de notre système de production alimentaire. Nous avons presque exclue de nos systèmes de production les ressources en abondance parce qu’étant sur leur biotope, pour privilégier des cultures exogènes qui demandent encore plus de travail sans compter l’extraversion que cela crée. C’est sans doute les limites économiques d’une Basse Casamance qui a intérêt à mieux valoriser ses ressources endogènes et à professionnaliser ses outils de production.

Photos : NKENCopyright : Projet ethno photographique. Signes et symboles. Entre imaginaires et réalités. Matar Ndour et NKEN. 2021.

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