Ucad: Le Système de Bourse tel qu’il est pratiqué, est un système de paupérisation…(Par Yancouba Badji)

ET SI « TOUNKARISER » LA BOURSE ÉTAIT LA SOLUTION

Je me suis levé le matin de bonheur à l’instar de mes camarades étudiants, pensant que ce mercredi serait une journée de plus pour abreuver nos neurones de connaissance, de créer de nouvelles synapses et de franchir une marche de plus vers la noblesse car la connaissance anoblit dixit Cheikh Anta Diop, mais à notre grande surprise c’est des voyelles et des consonnes teintées de lacrymogène qui nous seront servis.
Nous sommes le mercredi 09dec, il est 09h à l’ucad et tout d’un coup j’entends des fusils braire comme à l’accoutumée, c’est un front .Des étudiants censés se trouver à cette heure dans les amphis qui battent le macadam pour un redondant retard de paiement des bourses.
Pensez-vous que c’est admissible pour un état qui se respecte. C’est honteux et dégueulasse, irrespectueux de voir la crème et l’avenir de la nation en rang de bataille avec les forces de l’ordre parce que de tous les temps, les étudiants sont connus d’être les seigneurs de la force de l’argument et non de l’argument de la force.
Oui nous sommes les héritiers de Cheikh Anta Diop et fils de Iba Der Thiam.
Nous sommes les mortiers à connaissance et érudition.
Nous sommes les pilons à solution de toute équation.
Nous sommes le fer de lance des nations.
Nous sommes ceux par qui les sociétés se guident.
Nous sommes la pierre angulaire des pays qui nident.
Nous sommes ceux par qui l’analphabétisme se vide.
Nous sommes les étudiants.
Le rôle de l’état n’est pas de déployer des forces armées pour museler les étudiants, nous l’attendons à un niveau plus mature et responsable, mais à la grande surprise il rebelote. Le système de bourse tel qu’il est pratiqué, est un système de paupérisation et de claustration intellectuelle et sociale de l’étudiant. Il fait entrer l’étudiant dans un tourbillon de précarité. Le montant de la bourse aurait peut-être servi si nous étions vers les années 60 où tout se faisait avec la craie et l’ardoise , où la nourriture tombait du ciel. Nous sommes en 2020, le bon livre le moins cher est à 5000, la machine ordinateur à 100000 milles au minimum, les papiers RAM ou cahiers, les fascicules, les stylos et surligneurs, un sac à dos, une blouse blanche pour ceux qui font la médecine, un stéthoscope, un tensiomètre, les frais de transport pour les stages, les tickets restaurant, la liste est longue.Je vous laisse faire la soustraction.
Donner 20milles , 40 milles voir 65milles à un étudiant du 21eme siècle , c’est à la limite du banditisme d’état et un manque de vision et d’ambition pour la nation.
Une bourse qui ne sert à rien , la supprimer ne se sentirait pas.
C’est pourquoi nous trouvons pertinente la proposition de Mr Tounkara qui serait de supprimer les bourses universitaire et mettre en place un système de crédit qui consisterait à accorder un prêt de 3 millions à chaque étudiant par année dont un million servirait au frais d’études pour financer le système universitaire. Imaginez un étudiant contribuait à hauteur d’un million par an au lieu des 50 milles payer pour les inscriptions, avec le nombre pléthorique d’étudiants qu’on a , cette somme suffirait largement pour financer l’université de nos rêves. Et dans ces 3 millions l’étudiant reçoit 200milles par mois pendant toute l’année scolaire. A la fin de ses études l’étudiant aura 10ans pour rembourser le crédit. A défaut d’une généralisation de ce système, l’accorder aux deuxième et troisième cycle qui sont des cycles de recherche intense.
Nous espérons que ces mots atterrissent sur qui de droit pour qu’enfin ces histoires de bourses soient derrière nous.


Par Yancouba Badji, Étudiant en médecine Email :badjiyancouba20@gmail.com

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