CAF: Qu’est-ce que Ahmad Ahmad a de plus que ce que Senghor n’a pas ? ( Par Chérif Sadio)

C’est vrai que si on ne s’intéresse qu’à l’équipe nationale A, non pas au football sénégalais dans sa globalité, on ne peut pas savoir ce que le magistère de Me Augustin Senghor a apporté. Il y a factuellement plus de bonnes choses que de mauvaises dans sa gestion.

Dans la tête de certains, le Sénégal a de grands joueurs, il doit forcément gagner. Et ce sont les mêmes personnes qui ne se limitent qu’en équipe nationale A pour juger ou évaluer la santé du football sénégalais et faire passer l’éponge sur tout ce qui a été fait de bon. Bon nombre d’entre eux ne suivent ni le Jaraaf ni le Stade de Mbour.

Certains sont même jaloux de s’abonner aux pages Facebook, Instagram ou Twitter de Teungueth FC pendant qu’ils commentent les comptes de Pawlish, Ouzin Kaïta, de Liverpool, etc. Et même l’équipe nationale A sur laquelle ils se basent, la courbe des résultats est jusque-là, ascendante si nous osons faire une analyse lucide.

Tout n’est pas rose dans la gestion du football sous le magistère de Mr Augustin. Il y a énormément de choses à faire pour augmenter l’espérance de vie des performances de notre football qui sont encourageantes, mais quiconque analyse bien ce qui se fait depuis un certain temps, comprendra que le football sénégalais est sur une courbe ascendante depuis un certain temps. Me Augustin doit quitter la fédération parce qu’il est là depuis. Il est bon, mais cela ne veut pas dire que toute son équipe est comme lui, et c’est ma ferme conviction.

La fédération sénégalaise de football a failli dans beaucoup domaines, notamment le financement et le marketing. Mais, est-ce qu’une raison pour dire que le gars n’a pas les épaules pour diriger la Confédération Africaine de Football ? Le championnat de Madagascar a-t-il un niveau plus élevé que la Ligue 1 sénégalaise ? Qu’est-ce que Ahmad Ahmad a de plus que ce que Senghor n’a pas ?

Sinon, au Sénégal, il y a un championnat régulier, malgré tous les problèmes de financements et d’infrastructures qui tournent autour. Senghor n’est pas cité dans des malversations ou dans des tentatives de corruption depuis qu’il est là. Il dirige un club avec des hauts et des bas depuis plusieurs années. Il s’investit dans le football et ne reste pas derrière son clavier ou les médias pour tirer sur l’ambulance comme ceux qui ont la critique facile.

Les sélections nationales sont compétitives et à l’exception des U23 éliminés pour la Coupe d’Afrique de leur catégorie, les autres équipes arrivent à intégrer le carré das à chaque grand-messe du football africain. Les filles qui étaient en rade sont récemment championnes de l’Union des Fédérations Ouest-Africaines. Je ne vois donc pas ce que les autres candidats ont de plus que Mr Senghor.

On va me parler des éliminations des clubs sénégalais en compétitions africaines. Okay, mais ce n’est pas de sa faute si les équipes transfèrent leurs joueurs. Le champion de Ligue 1 perd toujours sa colonne vertébrale, et va en Champions League avec un effectif remanié la saison d’après. Comment un club peut-il se permettre de retenir un joueur sollicité ailleurs avec une masse salariale bien meilleure ?
Malgré tous les problèmes, le football sénégalais avance.

Aujourd’hui, l’écart entre la formation sénégalaise et européenne n’est plus aussi grand, d’où la bonne côte de nos locaux dans le marché des transferts. Et le footballeur sénégalais n’a plus besoin de championnat intermédiaire pour s’imposer dans le haut niveau européen. Nous avons des exemples avec Youssouph Badji, Ibrahima Niane, Ismaila Sarr pour ne citer que ceux-là.

Je suis d’accord sur l’introduction d’un taxe dans le transfert des joueurs pour permettre à la fédération d’avoir un pourcentage après chaque départ. Aider les clubs à récupérer les indemnités de formation, favoriser la formation des jeunes à Guereo et au Centre Jules François Bocandé comme Clairfontaine le fait en France.

Nous voulons ressembler à la France dans ce Sénégal où les clubs ne sont ni soutenus par les populations (les gens qui critiquent le plus n’achètent pas les cartes de membres, ne vont ni dans les stades, préfèrent suivre les matchs de Liverpool sur Canal+ en payant un abonnement mensuel que de payer un abonnement pour suivre la Ligue 1 ou la Ligue 2, etc.) ni par l’Etat qui ne favorisent influencent les entreprises à aider le football. Soyons sérieux.

Et puis, depuis quand la prérogative de la construction des stades est-elle revenue à la Fédération Française de Football ? Les clubs sont des entreprises indépendantes. S’ils ne peuvent pas dépendre des stades construits par l’Etat, ils doivent eux-mêmes s’en charger, puisqu’ils louent les stades dans lesquels ils jouent chaque week-end. Le football, soit nous prenons sa température au quotidien avec lucidité ou nous le commentons à l’aveuglette.

Je m’en fous qu’il gagne ou pas, mais il faut arrêter cette hypocrisie pandémique sénégalaise qui tend à croire qu’on est meilleur que tout le monde, au point de raconter du n’importe quoi pour rien. Bonne chance à lui et vivement son élection à la Confédération Africaine de Football et vivement le départ prochain de son équipe à la tête de la Fédération Sénégalaise de Football.

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