Biden accuse Trump d’avoir trahi les Américains sur le coronavirus

WARREN, Michigan (Reuters) – Joe Biden, candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine du 3 novembre, a accusé mercredi son rival Donald Trump d’avoir menti et trahi les Américains à propos du coronavirus, qui a fait plus de 190.000 morts aux Etats-Unis.

Selon des transcriptions d’interviews accordées à Bob Woodward par Donald Trump en février, dans le cadre d’un nouveau livre préparé par le célèbre journaliste, le président américain connaissait déjà à cette époque le haut degré de contagiosité et de mortalité du nouveau coronavirus, mais il en a minimisé le danger pour éviter de semer la panique.

« Il savait et il a minimisé les choses à dessein. Pire, il a menti au peuple américain », a réagi Joe Biden lors d’un déplacement dans le Michigan, l’un des Etats stratégiques de l’élection à venir, siège de l’industrie automobile américaine.

« Alors que cette maladie mortelle se répandait dans notre pays, il n’a pas fait son travail », a accusé l’ancien vice-président de Barack Obama. « C’est un abandon de ses devoirs, c’est une honte », a-t-il asséné.

Dans une interview accordée le 19 mars à Bob Woodward, Donald Trump dit avoir « toujours voulu minimiser » l’épidémie.

« Je continue à la minimiser car je ne veux pas semer la panique », ajoute-t-il.

Interrogée à ce sujet mercredi, la porte-parole de la Maison blanche Kayleigh McEnamy a déclaré mercredi que Donald Trump n’avait « jamais minimisé le virus ».

Le président lui-même a défendu sa gestion de la pandémie.

« Le fait est que je suis un ‘cheerleader’ pour ce pays. J’adore notre pays et je ne veux pas que les gens soient effrayés », a-t-il dit lors d’un événement à la Maison blanche.

« Nous avons tout fait selon les règles », a-t-il ajouté.

Dans ces interviews, dont rendent compte CNN et le Washington Post, Donald Trump savait dès le début du mois de février que le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 était particulièrement contagieux et mortel.

« Il passe dans l’air », dit-il à Bob Woodward le 7 février. « C’est toujours plus dur que par le toucher. On n’est pas obligé de toucher les choses, n’est-ce pas ? Mais l’air, on respire simplement de l’air et c’est comment ça qu’il se transmet. »

« C’est donc (un virus) très vicieux. Il est bien plus mortel que les fortes grippes. »

Une semaine après cette interview, Donald Trump déclarait lors d’un point de presse à la Maison blanche que « le nombre de cas de contamination par le coronavirus aux Etats-Unis (allait) retomber quasiment à zéro dans les jours à venir ».

Bob Woodward a réalisé 18 entretiens avec Donald Trump en prévision de son nouveau livre, « Rage », qui sort le 15 septembre.

Avec Reuters

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